« J’ai la fierté de dire que je suis agricultrice »

L’héritage familial, la formation ou la passion, aujourd’hui les chemins qui mènent au métier d’agriculteur sont nombreux. Pour Aurélie, installée à Bettviller petite commune de 827 habitants, l’agriculture n’était pas une évidence. Mais celle qui a suivi des études de cuisine, a trouvé la recette du bonheur dans cette nouvelle vie.

 

 

Une famille soudée

Aurélie, qui dirige avec son mari Denis, une exploitation de 400 hectares située dans le Pays de Bitche dans laquelle elle s’occupe de 200 vaches, l’affirme désormais sans hésitation :
« J’ai la fierté de dire que je suis agricultrice, mais c’est venu avec le temps, avec toute l’expérience que j’ai acquis jusqu’à aujourd’hui, et tout ce que je suis capable de faire. Mais au départ, je me suis lancée comme ça, sans grande conviction ».
Celle qui reconnaît volontiers la difficulté de ce métier et qui commence ses journées à 6 heures du matin, ne se verrait pas dorénavant faire autre chose.
Cette jeune maman, de deux enfants, Lucas et Maxime, concilie avec énergie sa carrière d’agricultrice et sa vie de famille.
« Il faut être tenace. Il n’y a plus de week-end, il n’y a plus de jours fériés. Chaque jour, il faut tenir le coup. Il faut être forte ».
Heureusement, la jeune femme peut compter sur l’aide de ses proches.
Parmi eux, il y a sa belle-maman, Marie-Thérèse, qui n’hésite pas à donner un coup de main à sa belle-fille dès qu’elle le peut. Les deux femmes sont d’ailleurs liées par une belle complicité. Deux générations d’agricultrices qui s’aident et surtout qui s’aiment…
Marie-Thérèse ne tarit pas d’éloges quand il s’agit de parler d’Aurélie : « Tu es plus courageuse que moi ».
Et si le temps peut passer très vite sur une exploitation agricole, Aurélie qui ne compte pas ses heures, regrette de ne pas pouvoir passer plus de temps avec ses enfants. Elle avoue pourtant : « on a quand même cette chance, on est ensemble. On ne fait pas beaucoup d’activités à l’extérieur, mais je pense qu’on est chanceux d’être ensemble chaque jour. On est quand même réunis et soudés ».

 

Une agricultrice déterminée

La vie d’une agricultrice n’est pas un long fleuve tranquille.
Traite, soin des animaux, gestion administrative, Aurélie doit mener de front plusieurs missions qu’elle exécute d’ailleurs avec brio. Pour elle : « tout le monde pourrait être capable de traire, après il faut voir les vaches malades, connaître ses vaches ».

Mais dans la vie d’une cheffe d’entreprise, il y a des hauts et des bas et il y a des moments qui changent la donne. Comme celui qu’elle a vécu en avril 2020 lorsqu’elle a inaugurée sa nouvelle salle de traite qui a véritablement bouleversé ses habitudes de travail.
« Depuis 2014, je trayais dans une salle 2×4, avec un maximum de 160 vaches. Et le moment où j’ai monté les vaches par les champs dans le nouveau bâtiment, ça je pense que ça me restera gravé à jamais. C’était le plus beau jour de notre vie, je n’aurais pas pu le louper et d’arriver dans la nouvelle salle de traite 2X24, c’était juste énorme, voir les vaches dans le bâtiment, elles étaient heureuses aussi. C’est là que la vie a changé pour nous aussi ».

Et quand on demande à Aurélie comment elle juge la place des femmes dans l’agriculture de nos jours, elle répond en disant que « les femmes ont changé. Elles se montrent plus. Elles se battent plus pour ce qu’elles sont, pour faire valoir leurs droits ».

Effectivement, courageuse, engagée et volontaire, Aurélie symbolise sans conteste le nouveau visage des femmes dans les exploitations agricoles du 21ème siècle.